Tabac: le tribunal de Saint-Nazaire se prononcera le 29/09

SAINT-NAZAIRE (Reuters) - Le Tribunal de grande instance de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, rendra son jugement le 29 septembre prochain dans l'affaire qui oppose la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la ville à quatre fabricants de tabac, accusés d'être responsable des dépenses liées à certains cancers.


Lundi, au cours de l'audience devant la chambre civile du tribunal, la CPAM a demandé la condamnation des sociétés Altadis (ex-Seita), Philip Morris, JTI-Reynolds et BAT-Rothmans à lui verser solidairement 18,66 millions d'euros.


La somme correspond au montant engagé par la caisse durant ces cinq dernières années pour soigner 1023 assurés sociaux de son ressort, victimes de maladies liées à la consommation de tabac, comme les cancers du poumon du larynx et de la glotte.


La CPAM a également demandé, par la voix son avocat, Me Françis Caballero, que ces quatre sociétés soient également condamnées à lui verser 3,6 millions par an, " tant que les cigarettiers ne fourniront pas aux fumeurs le moyen de se désintoxiquer ".


"Sur le seul territoire où la CPAM de Saint-Nazaire exerce sa compétence, 500 personnes meurent chaque année d'un cancer lié au tabac. Nous avons versé des indemnités à des gens qui étaient malades parce qu'ils étaient fumeurs. Des fumeurs sous-informés, voire désinformés !" s'est exclamé Me Françis Caballero à l'ouverture de l'audience.


UN PROCES DE PRINCIPES?


"Ce que ne vous demandons, ce n'est jamais que 150 secondes de bénéfice pour ces sociétés " a t-il ajouté


Selon la CPAM de Saint-Nazaire, les fabricants de cigarettes "fuient leurs responsabilité de prévention" en limitant au strict minimum les avertissements qui figurent sur les paquets.


"Les quatre sociétés citées devant votre tribunal ont été condamnées plus de 80 fois pour non-respect de la loi Evin, c'est une démonstration éclatante de leur mauvaise foi", a défendu Me Caballero.


"Il s'agit d'un procès de principes entre la santé publique et une industrie irresponsable", a déclaré pour sa part Guy Couillaud, le président de la CPAM de Saint-Nazaire.


Tour à tour, les avocats des sociétés mises en causes ont vivement réagi à ces attaques, qualifiant cette action de " délire d'une féodalité locale".


"Cette action est un gadget, un machin sans valeur juridique. On se place sur le terrain de la morale, on plaide sur la morale mais tout cela n'a aucun fondement juridique" a dit Me Pierre Lenoir, avant de réclamer, au nom de BAT, le rejet des demandes de la CPAM de Saint-Nazaire.


Selon Me Pierre-Louis Dauzier, avocat d'Altadis, "les gens sont assez informés pour connaître les risques du tabac. Il n'y a pas d'obligation à informer quelqu'un qui l'est déjà".

Source : http://fr.news.yahoo.com/030602/85/38hy6.html