Les buralistes manifestent leur inquiétude à Strasbourg

STRASBOURG (Reuters) - Plusieurs milliers de débitants de tabac manifestent lundi après-midi à Strasbourg, pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur les menaces que la hausse des prix du tabac fait peser sur leur profession en générant contrebande et achats à l'étranger.


"Les buralistes frontaliers sont totalement sinistrés", a affirmé le président de la Confédération des débitants de tabac, René Le Pape, lors d'une conférence de presse organisée avant la manifestation.


"Nous sommes tous des frontaliers", tel est d'ailleurs le slogan de cette manifestation suscitée par les fédérations départementales les plus exposées à la concurrence des pays voisins tels que Luxembourg, Allemagne, Italie ou Espagne.


Grande-Bretagne exceptée, le tabac y est en moyenne 20% moins cher qu'en France depuis la dernière hausse de janvier (+9,2% en moyenne).


En Alsace, les buralistes enregistreraient une baisse de leur chiffre d'affaires de 20 à 30% depuis le début de l'année, du fait du développement de la contrebande et des achats à l'étranger.


"Le risque, si cette politique (de hausse de prix) se poursuit, c'est que ce marché parallèle s'étende à toute la France", a ajouté René Le Pape, qui dit craindre pour la survie d'un réseau de 34.000 buralistes qui font vivre 120.000 salariés, selon les statistiques de la confédération.


Le tabac représenterait entre 20 et 50% de leur chiffre d'affaires, selon qu'ils gèrent en parallèle un débit de boisson ou une vente de journaux.


"Au delà d'une politique de santé, que nous ne contestons pas, c'est le commerce de proximité qui est menacé", a estimé Pascal Montredon, secrétaire général de la confédération des débitants de tabac.


Les manifestants doivent se rendre au parlement européen où ils seront reçus par des eurodéputés. Ils leur demanderont de promouvoir une harmonisation de la fiscalité sur le tabac en Europe, sachant que les taxes représentent, en France, 76% du prix d'un paquet de cigarettes.


Ils entendent surtout interpeller depuis Strasbourg le gouvernement français pour obtenir des mesure d'accompagnement en faveur de leur profession, alors que le ministre de la Santé, Jean-François Mattéi, n'a pas exclu de nouvelles hausses de 20 à 25% par an du prix des cigarettes.


Les buralistes, qui dépendent des services douaniers pour la vente du tabac et qui commercialisent déjà les timbres-postes ou fiscaux, aimeraient obtenir la possibilité de délivrer d'autres produits relevant du service public.

Source : http://fr.news.yahoo.com/030630/85/3ab8d.html