Forte hausse du tabac en perspective mais pas de remboursement des patches

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PARIS (AFP) - Le ministre de la Santé Jean-François Mattei a exposé mardi une série de mesures destinées à dissuader les Français de fumer ou de commencer à fumer, dont une forte hausse attendue du prix des cigarettes.

En présentant son "offensive", à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac qui aura lieu samedi, le ministre a rappelé que le tabac tue près de 60.000 personnes par an en France, avec une augmentation régulière chez les femmes.

"La moitié des jeunes ayant commencé à fumer à l'adolescence mourront du tabac et un quart d'entre eux perdront la vie avant 65 ans, soit une vie écourtée de 20 années", a-t-il ajouté.

Face à ce tableau, M. Mattei s'est prononcé pour une hausse du prix du tabac qui pourrait, dans un premier temps, varier de 17 % à 25 %. "Cela ne me fait pas peur", a-t-il dit, sans toutefois se prononcer sur le calendrier.

Le ministre de la Santé a également indiqué vouloir obtenir l'interdiction de vente des paquets de 10 et 15 cigarettes, très prisés des fumeurs débutants.

Il est également revenu sur l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans. Cette mesure, adoptée par le Sénat, n'avait pas été retenue par l'Assemblée nationale. "Nous la représenterons aux parlementaires en allégeant les sanctions initialement prévues pour les buralistes en cas d'infraction", a indiqué M. Mattei.

Au départ, l'infraction de vente aux moins de 16 ans devait être punie de 3.750 euros d'amende (7.500 euros et un an de prison en cas de récidive).

Le ministre s'est également dit résolu à faire respecter la loi Evin dans les écoles et les entreprises et à faire mieux délimiter les espaces fumeurs et non-fumeurs.

Enfin, pour dissuader les non-fumeurs de commencer à fumer et convaincre les fumeurs d'arrêter, M. Mattei entend "transformer l'image du tabac et du fumeur", notamment par une campagne de prévention de 7 millions d'euros qui passera par la presse, la radio, la télévision et les panneaux d'affichage.

En revanche, il a seulement évoqué en quelques mots le remboursement - souvent envisagé mais jamais mis en oeuvre - des substituts nicotiniques, les "patches".

"Une expérimentation va être menée dans une région pilote, pour évaluer l'intérêt du remboursement partiel de ces patches dans le cadre d'un protocole d'arrêt", a simplement dit le ministre.

"Je ne suis pas hostile à ce que ces substituts nicotiniques soient distribués gratuitement dans les lycées mais il faut que les jeunes qui les prennent passent un engagement de suivi, un contrat moral sinon cela ne sert à rien", a--t-il dit.

Le directeur général de la santé, le Pr Lucien Abenhaïm, a fait allusion à un possible remboursement des patches pour les fumeurs "présentant des facteurs de risque importants".

En 1998, 300 experts - cancérologues, pneumologues, gynécologues, psychologues, psychiatres et généralistes - réunis en conférence à Paris s'étaient prononcés "pour" le remboursement par la sécurité sociale, après consultation médicale, des timbres anti-tabac.

Un an plus tard, le secrétaire d'Etat à la Santé Bernard Kouchner avait annoncé la naissance prochaine d'un "forfait sevrage" qui n'a finalement jamais vu le jour.

"A ce jour, seule la mutuelle des gendarmes prend financièrement en charge l'achat des substituts nicotiniques", a indiqué le Pr Gérard Dubois, spécialiste du tabac et président du comité national contre le tabagisme (CNCT).

Source : http://fr.news.yahoo.com/030527/202/380r9.html