L'OFFENSIVE CONTRE LE TABAC PASSERA PAR LE CINÉMA, LA MODE ET LES MÉDIAS


PARIS, 27 mai (Reuters Santé) - A l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai, le ministère de la Santé a présenté mardi son offensive contre le tabac et, en particulier, la campagne de "débanalisation" du tabac menée auprès de secteurs emblématiques comme le cinéma ou la mode, appuyée par une campagne de communication dans les différents médias.

Cette année, le thème de la Journée mondiale sans tabac est "Cinéma et mode sans tabac". L'Organisation mondiale de la santé a ainsi publié un document "Cinéma sans tabac, mode sans tabac : Action!" où elle demande au monde du spectacle de "cesser de promouvoir un produit qui entraîne la mort d'un consommateur régulier sur deux".

L'industrie cinématographique est ainsi invitée à "certifier qu'elle ne bénéficie pas d'un financement de l'industrie du tabac", "exiger des messages publicitaires musclés contre le tabac", "cesser d'identifier les marques de tabac", "appliquer un système de classement des films".

Une étude menée par la Ligue nationale contre le Cancer, le Centre national de la cinématographie (CNC) et l'institut Ipsos montre ainsi que "c'est dans les films français que la représentation de personnages en train de fumer est la plus fréquente et qu'une marque de tabac est identifiable dans près d'un tiers des 200 films ayant fait le plus d'entrées en salles ces 20 dernières années".

Mieux, l'étude montre que les scènes de tabagisme "ne sont pas particulièrement liées à un état de stress ou de souffrance, ni à une situation de bien-être et de convivialité. L'acte tabagique est donc présenté de façon complètement banalisé dans 80% des cas".

Un mémo d'alerte, réalisé par le ministère de la Santé, la Ligue contre le Cancer et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) devrait ainsi être diffusé auprès des professionnels du cinéma.

PROVOQUER UN CHANGEMENT DE MODE

L'OMS demande également au monde de la mode de "cesser de faire apparaître le tabagisme comme chic, séduisant, ou attrayant", "ne plus laisser l'industrie du tabac parrainer des défilés de mode" ou encore ne plus utiliser les marques de cigarettes sur des produits considérés comme étant à la mode.

En France, de grands magazines féminins ont ainsi signé en 2001 une charte "Pages sans fumée", s'engageant ainsi à ne pas promouvoir une image positive du tabac.

Par ailleurs, l'agence Elite Model France mène une opération de sensibilisation. Trois tops models, Rebecca Dayan, Maria del Mar et Sophie M. portent un tee-shirt "fumer nuit à mon corps" : leur photographie devrait être reprise dans les magazines féminins ou les magazines de mode.

DEPUIS LUNDI, LA CAMPAGNE GAGNE LES TÉLÉS, RADIOS ET PANNEAUX PUBLICITAIRES

Enfin, Philippe Lamoureux, directeur général de l'INPES a présenté la campagne de communication grand public lancée lundi. La campagne sera diffusée jusque fin juin à la télévision, la radio, dans la presse et par affichage, sur le thème des composants chimiques nocifs du tabac.

Les affiches (9.000 panneaux du 26 mai au 3 juin pour un budget de 3 millions d'euros) identifient les cigarettes à des fûts de produits chimiques sous le slogan "c'est surprenant tout ce qu'on peut mettre dans une cigarette", de même que le spot télévisé, (250 diffusions du 28 mai au 29 juin pour un budget de 3,4 millions d'euros) qui associe le fumeur à "une poubelle" réceptacle de ces substances chimiques nocives.

La campagne radio (1.000 diffusions du 31 mai au 9 juin, pendant le week-end de l'Ascension et de la Pentecôte pour un coût de 1 million d'euros) visera les automobilistes en pointant "la contradiction à utiliser de l'essence sans plomb et à continuer à avaler celui qui se trouve dans la fumée de cigarette".

D'autres actions de communication sont prévues : une campagne radio "conseils de tabacologues" en juillet sur l'arrêt du tabac, une campagne radio et internet visant les jeunes à l'automne destinée à casser l'image de liberté et d'autonomie associée à la cigarette et, à l'instar du partenariat instaurée avec la presse féminine, une charte de bonnes pratiques devrait faire l'objet d'un accord avec les médias destinés aux jeunes./arg

Sources : http://apm.reuters.fr/cfml/onerso.cfm?numero=14377